Les arrivées d’Ajara Nchout Njoya, de Claudia Dabda, d’Alexandra Takounda et de Charlène Meyong à Lékié Football Filles, ainsi que celle de Geneviève Ngo Mbeleck au FC Ebolowa, donnent une visibilité nouvelle au championnat féminin camerounais. Ces mouvements documentés en octobre 2026 posent une question : qu’est-ce qui attire au pays des joueuses ayant évolué à l’étranger ?

À Lékié, la perspective africaine

La motivation collective la mieux établie est le projet continental de Lékié FF. À l’approche de sa première participation à la phase finale de la Ligue des champions féminine de la CAF, le club renforce son effectif. Sa présidente, Denise Koa, affiche l’ambition de remporter le trophée. Cameroon Tribune rapporte que la signature d’Ajara a été officialisée le 9 octobre et que Claudia Dabda s’est engagée pour une saison.

Le choix d’Ajara ne peut pas être réduit à un manque d’offres. Dans un entretien publié par Camfoot le 10 octobre, Stéphane Ndzana, membre de l’encadrement de Lékié, explique que les négociations ont duré plus d’un mois et que l’attaquante avait d’autres sollicitations à l’étranger. Il s’agit de la version du club, qui éclaire néanmoins la démarche de recrutement.

Dans le reportage d’Africa24 du 18 octobre, Ajara évoque son envie de contribuer au football camerounais et l’importance des échanges avec Denise Koa dans sa décision. L’adhésion à un projet et la confiance accordée par une dirigeante apparaissent donc parmi les raisons exprimées, au-delà du seul lieu où jouer.

Des parcours à distinguer

Au FC Ebolowa, Camerfoot-infos rapporte, le 16 octobre, l’engagement de Geneviève Ngo Mbeleck pour une saison après Amed Spor, en Turquie. Les sources consultées n’établissent toutefois pas ses motivations personnelles ni les conditions financières du contrat. Un retour peut correspondre à différents moments d’une carrière ; rechercher du temps de jeu, préparer une relance ou privilégier un environnement familier restent ici des hypothèses, pas des explications démontrées pour chaque joueuse.

Ce que le championnat peut y gagner

Sur le plan sportif, ces recrutements peuvent apporter de l’expérience dans les décisions, le placement et la gestion des matchs difficiles. Au quotidien, les jeunes peuvent bénéficier de nouvelles références à l’entraînement et de partenaires connaissant les exigences d’autres championnats. Ce sont des effets possibles, qui devront se vérifier sur le terrain.

La présence d’internationales peut également faciliter l’attention des médias, du public et des partenaires. Pour les clubs camerounais engagés en Afrique, elle peut renforcer la capacité à affronter des adversaires expérimentés. Pour les Lionnes, un championnat plus exigeant pourrait améliorer la préparation des joueuses locales.

Un bénéfice durable sous conditions

L’arrivée de noms connus ne suffit cependant pas à transformer toute la Guinness Super League. Concentrer les renforts dans quelques équipes peut creuser les écarts. Les clubs doivent aussi préserver des possibilités de progression pour les jeunes et assurer des conditions de travail fiables : contrats respectés, rémunérations régulières, soins et encadrement.

Ces retours constituent donc un signal encourageant pour les équipes concernées. Leur portée pour l’ensemble du football camerounais se mesurera dans la durée : progression des joueuses, résultats continentaux, fidélisation du public et solidité économique des clubs.